Pendant un recrutement, peut-on soumettre une candidate au « test du sac à main », qui consiste à lui demander de vider son sac afin d'apprécier son prétendu sens de l'organisation ?
La sénatrice à l’origine de cette question estime, en effet, que cette « méthode », dont la pertinence professionnelle est sujette à caution, constitue une atteinte manifeste à la vie privée des candidates et peut conduire à la révélation d'éléments sensibles (état de santé, situation familiale, etc.).
Un avis partagé par le ministère du Travail, qui lui répond que le fait, pour un employeur, de demander à un candidat d'exposer ses effets personnels lors d'un entretien d'embauche est illicite.
Il rappelle, en effet, que les informations demandées à un candidat :
- ne peuvent avoir pour finalité que d’apprécier sa capacité à occuper l’emploi proposé ou ses aptitudes professionnelles ;
- doivent présenter un lien direct et nécessaire avec l'emploi proposé ou avec l'évaluation des aptitudes professionnelles.
Selon lui, le lien entre le contenu d’un sac à main et le sens de l’organisation d’une candidate n’est ni direct ni nécessaire.
Au-delà de cela, il insiste sur le fait qu’une telle pratique est constitutive d’une :
- atteinte au droit au respect de la vie privée,
- discrimination à raison du sexe, si une telle demande n’est formulée qu’à l’égard des femmes.
Les recruteurs ayant recours à de tels procédés doivent donc avoir conscience des risques qu'ils encourent tant sur le plan civil que sur le plan pénal !
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Source : Réponse ministérielle Dumas du 19 février 2026, Sénat, n°06270