Le service de mise en conformité fiscale

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Le service de mise en conformité fiscale (Smec) offre aux entreprises et à leurs dirigeants la possibilité de régulariser spontanément leur situation fiscale, dans un cadre simplifié, sécurisé et encadré.

En résumé

  • Un service de mise en conformité fiscale (Smec) a été créé au sein de la Direction des Grandes Entreprises (DGE) pour traiter les déclarations rectificatives des entreprises sur des sujets complexes limitativement énumérés.  
  • Le dépôt d’un dossier de mise en conformité fiscale doit contenir tous les documents requis pour pouvoir être instruit par le Smec.
  • A l’issue de la procédure, l’entreprise doit s’acquitter du paiement des impositions éludées et non prescrites, ainsi que des pénalités et amendes correspondantes.
  • S’agissant d’une démarche spontanée, le montant des pénalités et intérêts de retard peut être modulé. 

Le champ de compétence du service de mise en conformité fiscale

La compétence du service de mise en conformité fiscale est limitée aux cas suivants :

  • toutes les anomalies fiscales découvertes, avant ou après reprise, par les nouveaux détenteurs et repreneurs d’une entreprise ;
  • en matière de fiscalité internationale :  
    • activité en France non déclarée, constitutive d’un établissement stable,
    • déduction de tout ou partie des intérêts d’un prêt consenti par une société étrangère au mépris des dispositions de l’article 212 du Code général des impôts (CGI),
    • montages illicites ou abusifs : montages faisant l’objet d’une fiche publiée sur le site economie.gouv.fr et, d’une manière générale, montages impliquant des structures à l’étranger ;
  • en matière de fiscalité des dirigeants :  
    • régime fiscal des impatriés (article 155 B CGI),
    • non-respect des conditions d’un pacte Dutreil (article 787 B CGI),
    • non-assujettissement à tort d’une plus-value de cessions de titres,
    • montages publiés sur le site economie.gouv.fr, notamment les schémas de « management package » et les utilisations abusives du PEA ;
  • opération susceptible de relever des sanctions pour activité occulte (article 1728, c CGI) ou pour abus de droit ou manœuvres frauduleuses (article 1729, b et c CGI). 

Et plus généralement sont concernées :

  • toutes les entreprises exprimant un besoin d’accompagnement spécifique, pour toute opération dont la mise en conformité met en évidence : 
    • des difficultés de chiffrage des corrections ou d'appréciation des périodes sur lesquelles s’exerce le droit de reprise ;
    • des difficultés de traitement résultant du nombre de contribuables impliqués dans une même opération ;
  • toutes opérations susceptibles de relever de la majoration de 40 % pour manquement délibéré (article 1729, a CGI) concernant les entités dont le lieu de dépôt des déclarations fiscales est fixé au service chargé des grandes entreprises (DGE).

La démarche doit, dans tous les cas, revêtir un caractère spontané, ce qui exclut les entreprises pour lesquelles un contrôle fiscal est en cours, ou qui ont reçu un avis de vérification ou encore qui font l’objet d’une procédure d’enquête administrative ou judiciaire.

Procédure pour faire une demande de mise en conformité

Les dossiers sont déposés auprès du service de mise en conformité de la direction des grandes entreprises (Smec) et ce, quelle que soit la taille des entreprises souhaitant bénéficier de cette mesure. Le Smec peut être contacté par courriel à l'adresse dge.smec@dgfip.finances.gouv.fr.

Les contribuables procédant au dépôt d’un dossier de mise en conformité doivent joindre l’ensemble des éléments qui suivent :

  • une demande de mise en conformité fiscale ;
  • un écrit exposant de manière précise et circonstanciée la problématique faisant l’objet de la demande, accompagnée de tout document probant ;
  • les déclarations rectificatives couvrant toute la période non prescrite ;
  • les justificatifs relatifs aux montants concernés et permettant leur calcul, pour s’assurer de l’exactitude des données chiffrées ;
  • une attestation du contribuable selon laquelle son dossier est sincère.

Afin de tenir compte du caractère particulièrement complexe de certaines demandes, les déclarations rectificatives et les justificatifs relatifs aux montants pourront être déposés dans un délai de 6 mois après le dépôt de la demande.

Les conséquences fiscales de la demande

Les entreprises doivent s’acquitter du paiement intégral (ou s’engager à l’acquitter selon un échelonnement) des impositions éludées et non prescrites dans les conditions de droit commun ainsi que des pénalités et amendes correspondantes .
Le caractère spontané de la démarche de l’entreprise est pris en compte en modulant, par voie de transaction, les taux des majorations applicables ainsi que celui de l’intérêt de retard.

Le service de mise en conformité fiscale applique une grille de pénalités connue à l’avance.

En cas de manquement qui aurait appelé à une pénalité de 40 % ou 80 % lors d'un contrôle fiscal

Taux de droit communTaux de mise en conformitéIntérêts de retard réduits de 40 %
80 %30 %
40 %15 %

En cas de manquement qui aurait appelé à une pénalité de 10 % lors d'un contrôle fiscal

Taux de droit communTaux de mise en conformitéIntérêts de retard réduits de 50 %
10 %0 %

Une fois que la transaction est signée par l'entreprise ou le dirigeant, elle est renvoyée au service de mise en conformité fiscale des entreprises. Un nouvel avis de mise en recouvrement est alors adressé à l'entreprise tenant compte des propositions de la transaction signée. 

Textes de références

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