Pauljac, c’est la première marque française de chaussures durables faites pour l’indoor et le nextdoor. Un concept que nous explique la co-fondatrice de la marque, Katia Rabusseau. Une occasion de découvrir son nouveau projet : faire des vêtements et des chaussures compostables.
Co-fondatrice et styliste de Pauljac, Katia Rabusseau cherche à allier élégance et confort dans une chaussure que l’on peut porter chez soi comme en extérieur. Il a fallu deux ans de travail à l’entrepreneure pour aboutir à cette chaussure, qui met également l’accent sur la durabilité.
Vous avez lancé une chaussure indoor/nextdoor, en quoi consiste ce principe ?
Katia Rabusseau : Lorsque je travaillais chez J.M. Weston, nous avions souvent des demandes pour des chaussures d’intérieur élégantes, un marché relativement inexploré. J’ai donc décidé de créer une société en 2018 et lors de la phase de test de notre chaussure d’intérieur, je me suis rendu compte que beaucoup la portaient aussi à l’extérieur : pour aller à l’hôtel, prendre l’avion, sur leur terrasse… Voilà l’origine du concept de chaussure indoor/nextdoor, alternative au chausson en hiver et à la tong ou à l’espadrille en été. Je dessine les collections, qui sont ensuite fabriquées au Portugal. Évidement, l’avènement du télétravail a favorisé notre activité, puisque notre chaussure est exactement adaptée à ce nouveau mode de vie chez soi, mais le concept séduisait déjà notre cible, les hommes entre 35 et 45 ans.
Votre chaussure est déjà recyclable. Vous souhaitez aller encore plus loin, comment est-ce possible ?
Katia Rabusseau : En effet, nous avons toujours eu la volonté de concilier mode et conscience environnementale. Nous avons donc voulu créer un produit qui soit biodégradable et compostable. Pour être reconnu comme tel et obtenir le label européen, cela signifie que 90 % du produit doit être composté en 6 mois. Nous allons donc nous lancer en deux temps : nous démarrons avec une gamme textile, des t-shirts compostables notamment, puis nous ferons des chaussures. Celles-ci sont plus complexes à transformer car comportent de nombreux composants.
Comment rendre un t-shirt compostable ?
Katia Rabusseau : Nous avons effectué beaucoup de R&D ! Nous travaillons à partir de matériaux naturels comme le lin et le coton et la conception est la même que pour un vêtement classique. En revanche, il y a un important travail sur la tenue du tissu dans le temps, sa résistance au lavage. Tout ça, bien sûr, sans perdre le côté “mode” du vêtement ni faire de concession sur les prix, qui doivent rester abordables.
Alors, quand pourra-t-on porter vos vêtements compostables ?
Katia Rabusseau : Nous sommes actuellement en phase de prototypage et voudrions trouver un investisseur pour nous accompagner. Nous sommes pionniers sur le vêtement biodégradable en France et souhaitons pouvoir arriver les premiers sur le marché, afin de conforter notre avance et notre positionnement. Nous sommes convaincus de la pertinence de notre projet et sommes en mesure de produire notre ligne au Portugal ou en Europe. Et après les vêtements, nous avons bien l’intention de passer à la chaussure compostable !