Droits, obligations et contraintes du porteur de projet en fonction de son statut

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Selon son statut actuel, le porteur de projet dispose de certains droits, mais est aussi soumis à certaines obligations et contraintes, résumés dans les tableaux ci-dessous.

En résumé

  • Les droits et obligations du porteur de projet varient selon son statut et évoluent après l'immatriculation de l'entreprise.
  • Concernant les demandeurs d'emploi, 2 situations sont à distinguer : celle de la personne indemnisée et celle de la personne qui ne l'est pas.
  • Le salarié en poste peut demander un congé pour création ou reprise d'entreprise ou un congé sabbatique pour préparer son projet, mais doit respecter des règles spécifiques (loyauté, clause d'exclusivité, etc.). Le démissionnaire peut commencer à préparer son projet pendant le préavis, en dehors des heures de travail, et obtenir, sous certaines conditions, une indemnisation chômage.
  • Les jeunes de moins de 30 ans et les étudiants peuvent bénéficier d'accompagnement et d'aides financières dédiées.
  • Quant aux retraités, ils peuvent créer une entreprise, mais sont soumis à des règles particulières de cumul emploi-retraite.

Le demandeur d'emploi indemnisé

Phase antérieure à l'immatriculationPhase postérieure à l'immatriculation

Il continue à percevoir ses allocations, les démarches accomplies en vue de la création d'une entreprise constituant des actes positifs de recherche d'emploi.

Il peut bénéficier de l'accompagnement de France Travail.

Le versement des allocations de chômage cesse en principe à la date de création de l'entreprise.

Toutefois, le maintien des allocations (1) peut être accordé par France Travail, sous certaines conditions et si le créateur demeure inscrit sur la liste des demandeurs d'emploi, et s'il ne perçoit pas déjà une aide à la reprise et à la création d'entreprise (Arce).

En cas d'échec, il peut se réinscrire à France Travail et retrouver le solde de ses droits pendant une période :

  • démarrant à la date d'ouverture de ses droits,
  • et égale à la durée des droits ouverts augmentée de trois ans.

et ce à condition que l'activité de l'entreprise ait cessé. Le versement de l'allocation reprend désormais après application d'un différé.

S'il répond aux conditions d'obtention de l'Acre, il est partiellement exonéré de cotisations sociales. (2)

Dès lors qu’il peut justifier avoir obtenu l’Acre, il lui est possible de faire une demande afin de bénéficier de l’Arce, étant précisé que cette aide n’est pas cumulable avec l’ARE (allocation d’aide au retour à l’emploi).

En savoir plus sur la situation du demandeur d'emploi créateur ou repreneur d'entreprise

(1) Depuis le 1er avril 2025, le cumul de l'ARE avec les revenus issus de l'exercice d'une activité non salariée est possible dans la limite de 60% du reliquat des droits à l'ARE. Le reliquat des droits (40 %) peut être repris sous réserve de la cessation de l'activité créée ou reprise ayant donné lieu au bénéfice du cumul. 

(2) Pour les travailleurs indépendants (hors micro-entrepreneurs), le montant de l'exonération liée à l'Acre a été modifié par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 : à partir du 1er janvier 2026, en dessous de 75% du Pass, l'exonération n'est plus totale et est plafonnée à 25% des cotisations.

Le demandeur d'emploi non indemnisé

Phase antérieure à l'immatriculationPhase postérieure à l'immatriculation

Il peut bénéficier de l'accompagnement de France Travail.

S'il répond aux conditions d'obtention de l'Acre, il est partiellement exonéré de cotisations sociales.

Dans le cas où il ne perçoit pas l’ARE en raison d’un délai d’attente ou d’un différé, mais qu’il justifie avoir obtenu l’Acre, il peut faire une demande pour bénéficier de l’Arce, dès lors qu’il répond aux conditions requises. 

Le salarié en poste

Phase antérieure à l'immatriculationPhase postérieure à l'immatriculation

Il peut préparer son projet dès l'instant où il n'empiète pas sur ses horaires de travail et ne cause pas de préjudice à son employeur.

Il peut demander un congé création ou reprise d'entreprise, s'il justifie d'une ancienneté de 24 mois au moins, consécutifs ou non dans l'entreprise (sauf si la convention collective applicable ou un accord d’entreprise prévoit des conditions différentes).

Il peut demander un temps partiel pour création ou reprise d'entreprise dans des conditions similaires.

Il peut également demander un congé sabbatique s'il justifie d'une ancienneté minimale dans l'entreprise et d'une activité professionnelle de 6 ans minimum (sauf si la convention collective applicable ou un accord d’entreprise prévoit des conditions différentes).

Pendant un congé création "à temps plein" ou un congé sabbatique, les salariés ne perçoivent pas de rémunération, mais continuent d'être couverts par la Sécurité sociale.

Le salarié peut créer une entreprise si aucune clause de son contrat de travail (clause d'exclusivité) ne l'interdit et si sa nouvelle activité n'est pas susceptible de concurrencer celle de l'employeur (obligation de loyauté).

S'il relève, au titre de sa nouvelle activité, du régime des non-salariés, sa situation sera la suivante :

  • Sur le plan fiscal, les revenus afférents aux deux activités sont imposés distinctement dans la catégorie qui leur est propre.
  • Sur le plan social, l'intéressé doit cotiser simultanément aux deux régimes, salarié et non salarié.

S'il répond aux conditions d'obtention de l'Acre, il est partiellement exonéré de cotisations sociales.

En savoir plus sur la situation du salarié créateur ou repreneur d'entreprise

Le salarié démissionnaire

Phase antérieure à l'immatriculationPhase postérieure à l'immatriculation

Il peut préparer son projet pendant sa période de préavis dès l'instant où il n'empiète pas sur ses horaires de travail et ne cause pas de préjudice à son employeur.

En principe, il ne peut pas prétendre à des allocations chômage. Il lui sera toutefois conseillé de s'inscrire comme demandeur d'emploi auprès de France Travail. En effet, cette démarche pourra lui permettre, dès lors que certaines conditions sont remplies, d'obtenir une indemnisation.

De plus, depuis le 1er novembre 2019, tous les salariés démissionnaires ayant au moins 5 ans d'ancienneté dans leur entreprise peuvent prétendre à une indemnisation au titre de l'assurance chômage, sous réserve de justifier d'un projet professionnel reconnu comme réel et sérieux.

Il bénéficie de la protection universelle maladie (PUMa)

S'il répond aux conditions d'obtention de l'Acre, il est partiellement exonéré de cotisations sociales.

En cas d'échec de son entreprise, il pourra bénéficier de ses allocations chômage s'il s'inscrit à France Travail dans un délai de 36 mois suivant la fin de son ancien contrat de travail, à condition d'avoir eu l'ouverture de droits lors de son inscription à France Travail après sa démission. En outre, l'activité doit avoir cessé pour des raisons indépendantes de sa volonté. 

Le jeune âgé de moins de 30 ans

Phase antérieure à l'immatriculationPhase postérieure à l'immatriculation

Il est ayant-droit ou couvert au titre de la PUMa.

Il peut bénéficier de mesures d'accompagnement et d'aides financières dédiées.

S'il répond aux conditions d'obtention de l'Acre, il est partiellement exonéré de cotisations sociales.

L'étudiant

Phase antérieure à l'immatriculationPhase postérieure à l'immatriculation

Il est couvert au titre de la PUMa.

Il peut bénéficier de mesures d'accompagnement et d'aides financières dédiées.

Il peut éventuellement demander le statut d'étudiant-entrepreneur

S'il répond aux conditions d'obtention de l'Acre, il est partiellement exonéré de cotisations sociales.

Le retraité

Phase antérieure à l'immatriculationPhase postérieure à l'immatriculation

Il peut préparer un projet de création tout en percevant sa pension de retraite.

Il bénéficie d'une couverture sociale, en fonction de son activité antérieure.

Le cumul emploi-retraite est libre pour les personnes remplissant les deux conditions cumulatives suivantes :
- avoir obtenu sa retraite de base à taux plein,
- et avoir liquidé toutes ses pensions de vieillesse (de base et complémentaire, en France et à l'étranger).

Le cumul est plafonné pour les personnes qui ne remplissent pas ces conditions. S'il répond aux conditions d'obtention de l'Acre, il est partiellement exonéré de cotisations sociales.

Pour les personnes liquidant leurs droits à compter du 1er janvier 2027, les modalités de cumul sont réformées sous réserve de la publication des décrets d'application annoncés.

En savoir plus sur le statut du retraité créateur ou repreneur d'entreprise

Textes de référence

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