Dans cet article :
Créé dans le cadre de la relation de confiance entre l'administration fiscale et les entreprises, l'examen de conformité fiscale (ECF) permet à une entreprise de faire certifier certains sujets fiscaux par un professionnel suivant une procédure bien définie.
L'examen de conformité fiscale
L'ECF est une prestation contractuelle au titre de laquelle un prestataire s'engage en toute indépendance, à la demande d'une entreprise, à se prononcer sur la conformité aux règles fiscales des points limitativement prévus dans l'arrêté du 13 janvier 2021 (repris ci-dessous) et selon un cahier des charges.
L'ECF est un dispositif essentiellement préventif. Il a pour finalité d'éviter et éventuellement de réparer les erreurs fiscales en amont de tout contrôle fiscal. Lorsque l'examen fait apparaître une anomalie, le prestataire invite l'entreprise auditée à corriger le point litigieux. Cette correction peut prendre la forme d'une déclaration rectificative éventuellement établie avec le service des impôts des entreprises.
Quelle différence entre l’ECF et l’audit fiscal ?
L’ECF et l’audit fiscal participent tous deux à la prévention du risque fiscal, mais ils n’ont pas le même objectif immédiat : l’ECF vise la conformité et la sécurisation vis‑à‑vis de l’administration, tandis que l’audit fiscal poursuit l’identification et la maîtrise des risques pour l’entreprise.
L’audit fiscal peut aussi permettre d’optimiser certaines options fiscales ou de préparer une opération particulière (cession, restructuration, contrôle à venir).
| Examen de conformité fiscale (ECF) | Audit fiscal | |
| Nature de la démarche | Dispositif réglementé et standardisé | Démarche libre et contractuelle |
| Qui le réalise ? | Professionnel tiers | Professionnel tiers |
| Objectif principal | Vérifier la conformité fiscale de l’entreprise sur des points courants | Identifier, analyser et hiérarchiser les risques fiscaux |
| Périmètre | Limité à une liste de points définis par la réglementation | Libre, global ou ciblé, selon les besoins de l’entreprise |
| Méthodologie | Encadrée et normée (chemin d’audit imposé) | Souple et sur mesure |
| Transmission à l’administration | Oui (mention de l’ECF dans la déclaration et compte rendu conservé) | Non (usage interne à l’entreprise) |
| Niveau de sécurité juridique | Encadré et limité aux points vérifiés | Indirect, via la maîtrise et l’anticipation des risques |
Ne pas confondre ECF et rescrit fiscal
L’examen de conformité fiscale (ECF) et le rescrit fiscal poursuivent tous deux un objectif de sécurisation de la situation fiscale de l’entreprise, mais selon des logiques très différentes.
L’ECF est une démarche volontaire de conformité, réalisée par un tiers qui consiste à vérifier un nombre limité de points fiscaux « standards » à partir des informations transmises par l’entreprise.
À l’inverse, le rescrit fiscal est une demande adressée directement à l’administration, portant sur une situation précise, souvent complexe ou atypique. Si toutes les conditions requises sont réunies, la réponse apportée peut valoir prise de position et donc, peut engager l’administration.
Les entreprises bénéficiaires de l'examen de conformité fiscale
L'ECF est accessible à toutes les entreprises, personnes physiques ou morales, exerçant une activité professionnelle sous forme individuelle ou en société, quels que soient leur régime d'imposition et leur chiffre d'affaires.
Ce dispositif s'applique à partir des exercices clos depuis le 31 décembre 2020.
Les prestataires pouvant réaliser l'examen de conformité fiscale
Le décret du 13 janvier 2021 ne comporte ni précision ni restriction quant à la qualité du prestataire.
Mais il paraît préférable que la prestation soit réalisée par les professionnels du chiffre, du conseil et de l'audit, il peut s'agir notamment d'un commissaire aux comptes, d'un expert-comptable, ou d'une association ou d'un centre de gestion.
Le recours à un prestataire pour établir un examen de conformité fiscale doit être mentionné dans la déclaration de résultat souscrite par l'entreprise.
Mentions obligatoires du contrat de prestation
Le contrat établi entre l'entreprise et le prestataire prévoit notamment :
- la période sur laquelle porte l'examen de conformité fiscale ;
- les droits et obligations des parties, et notamment la clause résolutoire pour inexécution du contrat ;
- la rémunération du prestataire ;
- la liste des points constituant le chemin d'audit définis par l'arrêté du 13 janvier 2021 à savoir :
- la conformité du fichier des écritures comptables (FEC) ;
- la qualité comptable du FEC au regard des principes comptables ;
- le certificat ou l'attestation individuelle de l'éditeur du logiciel ou système de caisse utilisé ;
- le respect des règles sur le délai et le mode de conservation des documents ;
- la validation du respect des règles liées au régime d'imposition appliqué (régime simplifié, réel normal, etc.) en matière d'IS et de TVA au regard de la nature de l'activité et du chiffre d'affaires ;
- les règles de détermination des amortissements et leur traitement fiscal ;
- les règles de détermination des provisions et leur traitement fiscal ;
- les règles de détermination des charges à payer et leur traitement fiscal ;
- la qualification et la déductibilité des charges exceptionnelles ;
- le respect des règles d'exigibilité en matière de TVA (collectée et déductible).
Un modèle de contrat de prestation est fourni par l'arrêté.
Le cahier des charges précise également que le prestataire doit s'engager à examiner l'ensemble des règles fiscales prévues par le chemin d'audit et à se prononcer sur leur conformité fiscale.
Les obligations du prestataire
Le prestataire est soumis aux règles régissant sa profession, en ce qui concerne notamment le respect du secret professionnel et, le cas échéant, l'obligation d'information en cas de constatation d'une infraction pénale.
Il doit également établir un compte rendu de mission suivant le modèle défini par l'arrêté du 13 janvier 2021.
Ce compte rendu comporte les conclusions du prestataire sur la concordance, la cohérence ou la conformité des informations fournies par l'entreprise avec les règles fiscales sur chacun des points du chemin d'audit.
Les informations établies sont attestées par le prestataire.
Si le prestataire peut rendre des conclusions uniquement sur certains points du chemin d'audit, il doit mentionner les autres points comme « non validés » dans son compte rendu de mission.
S'il ne peut rendre aucune conclusion, il transmettra une lettre d'absence de conclusion d'examen de conformité fiscale à l'entreprise et l'ECF sera considéré, pour l'administration, comme n'ayant jamais commencé.
Le compte rendu de mission doit être adressé à l'administration fiscale au plus tard le 31 octobre de l'année ou dans les six mois du dépôt de la déclaration mentionnant l'examen de conformité fiscale.
Le compte rendu de mission doit être conservé par les parties jusqu'à l'expiration du délai de reprise et tenu à disposition de l'administration qui peut en demander la communication.
La responsabilité du prestataire
Le prestataire peut voir sa responsabilité contractuelle engagée par l'entreprise dans le cadre de leur relation commerciale.
Toutefois, le cahier des charges mentionne plusieurs points sur lesquels une tolérance contractuelle est accordée au prestataire (qualité comptable des FEC, règle de détermination des amortissements, etc.).
Par ailleurs, la responsabilité contractuelle du prestataire est subordonnée à la bonne foi de l'entreprise.
Les obligations de l'entreprise
Le dispositif de l'ECF repose sur la bonne foi de l'entreprise dans ses échanges avec le prestataire et avec l'administration. Selon le cahier des charges, si le prestataire a un doute sur la bonne foi de l'entreprise ou si l'administration doit remettre celle-ci en cause, l'entreprise ne peut plus bénéficier des garanties associées au dispositif, notamment la possibilité d'engager la responsabilité contractuelle du prestataire.
Dans une telle hypothèse, l'administration ne prendra, le cas échéant, pas en compte les conclusions de l'ECF.
En outre, l'entreprise doit fournir toutes les informations nécessaires selon le calendrier fixé avec le prestataire et dans des délais raisonnables.
Textes de référence
Foire aux questions
Il n’existe pas de liste officielle de prestataires habilités pour réaliser un examen de conformité fiscale : l’entreprise est libre de choisir le professionnel qu’elle souhaite.
Pour choisir le bon prestataire, l’entreprise peut s’appuyer sur plusieurs critères :
- la connaissance du secteur d’activité, pour obtenir des recommandations adaptées ;
- la méthodologie utilisée, qui doit être claire, structurée et conforme au cahier des charges de l’ECF ;
- la transparence sur les honoraires et le périmètre exact de la mission ;
- la capacité d’accompagnement, notamment pour expliquer les conclusions et aider à corriger d’éventuelles anomalies.
L’objectif est de sélectionner un partenaire fiable, capable d’apporter une réelle sécurité fiscale et un regard extérieur utile à la gestion de l’entreprise.
Non. L’examen de conformité fiscale est une démarche entièrement facultative. Il s’agit d’un dispositif volontaire, qui permet aux entreprises de faire vérifier certains points fiscaux sensibles avant tout contrôle. Toutes les entreprises peuvent y recourir, quelle que soit leur taille ou leur forme juridique, mais aucune n’y est tenue.
Oui, clairement.
Même s’il n’est pas exigé par les financeurs, l’ECF peut constituer un véritable élément de crédibilité : il montre que l’entreprise maîtrise ses obligations fiscales, qu’elle anticipe les risques et qu’elle est engagée dans une gestion rigoureuse. Pour un banquier ou un investisseur, cette démarche renforce la confiance dans la qualité de l’information financière et dans le sérieux du dirigeant. Cela peut faciliter l’obtention d’un financement, rassurer lors d’une levée de fonds ou appuyer un dossier de développement.
Lorsqu’un ECF met en évidence des écarts ou des points de vigilance, l’entreprise peut engager, sous conditions, une démarche de mise en conformité fiscale. Celle‑ci permet de corriger les erreurs identifiées, de sécuriser les pratiques fiscales et de limiter les risques lors d’un contrôle ultérieur.