Dans cet article :
Un micro-entrepreneur est avant tout un entrepreneur individuel.
En devenant micro-entrepreneur, vous serez donc responsable de vos actes professionnels et devrez vous préoccuper le plus tôt possible de vos assurances professionnelles. 3 questions s'imposent : mon activité m'impose-t-elle de prendre une assurance professionnelle ? Quels risques pourrai-je couvrir moi-même avec ma trésorerie ? Quels sont ceux qui pourraient mettre mon activité en péril s'ils se produisaient ?
Les réponses à ces questions vous permettront, avec l'aide d'un professionnel, d'évaluer vos besoins en assurances. Pour décider vite (et sans sur-assurance), partez de votre situation réelle de travail : chez le client, à domicile, en ligne, avec du matériel, avec des déplacements, avec de la sous-traitance. Ensuite, vérifiez ce qui est obligatoire, puis choisissez un « minimum viable » de garanties avant votre première mission.
Souscrire un contrat d'assurance, est-ce obligatoire lorsque l'on est micro-entrepreneur ?
Tout dépend de votre activité !
S'assurer peut être une obligation :
- imposée par la loi : c'est le cas par exemple pour la garantie décennale qui pèse sur les entreprises du bâtiment ou encore pour l'obligation d'assurance des conducteurs de véhicules (chauffeur de taxi, VTC, etc.) ;
- imposée par les textes qui régissent l'activité : c'est le cas par exemple pour les agents de voyage, les administrateurs de biens, les transporteurs de personnes, les diagnostiqueurs immobiliers, etc.
- liée à la nature de l’activité : si vous exercez une activité dite « réglementée », vous devrez également souscrire une assurance responsabilité civile professionnelle (professionnels du bâtiment, etc.).
Il est donc important de vous renseigner sur la règlementation applicable à votre activité
Même si votre activité ne vous impose pas de souscrire une assurance, ne négligez pas cette étape et réfléchissez bien aux risques que vous prenez ! - Vous pouvez provoquer un accident chez un client. - Vous pouvez vous blesser en effectuant des travaux et rester immobilisé pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois. - Un produit que vous avez vendu peut s'avérer défectueux et provoquer des dégâts chez l'un de vos clients, etc.
Vous allez donc devoir commencer par apprécier :
- les risques que vous pourrez prendre en charge en tenant compte de votre capacité financière,
- les risques qu'il est préférable, voire indispensable, de transférer à un assureur.
Même si vous n’êtes pas concerné par l’assurance obligatoire, il est toujours très fortement recommandé de souscrire a minima une assurance responsabilité civile professionnelle.
En pratique, même lorsque la responsabilité civile professionnelle n'est pas imposée par un texte, elle reste souvent demandée par des clients (attestation avant démarrage, appels d'offres, accès à des locaux). Dans ce cas, fixez comme règle simple : pas de prestation facturée tant que la date d'effet du contrat d’assurance ne couvre pas la mission concernée.
Quelles sont les différentes garanties qui vous concernent en tant que chef d'entreprise ?
Les garanties qui vous concernent peuvent être classées en 3 catégories :
- L'assurance des biens : locaux, matériels, stocks, véhicules, etc.
- L'assurance de votre activité (produits, prestations), la responsabilité civile professionnelle :
En tant qu'entrepreneur, vous êtes responsable :- des dommages occasionnés par les biens que vous vendez, fabriquez, réparez, installez,
- des prestations de services que vous fournissez,
- des conseils que vous donnez,
- etc.
Multiples sont les situations dans lesquelles votre responsabilité pourrait être recherchée en cas de dommages provoqués dans le cadre de votre activité : soyez prudents !
A cela s'ajoutent des risques spécifiques à certaines activités, nécessitant la souscription d’assurances dédiées. Tel est le cas, par exemple, des constructeurs qui doivent obligatoirement souscrire une garantie décennale.
Rapprochez-vous des organismes professionnels de votre secteur d'activité qui pourront, le cas échéant, vous diriger vers des sociétés d'assurance spécialisées.
La loi impose aux micro-entrepreneurs (auto-entrepreneurs) ayant l'obligation de souscrire à une assurance professionnelle, d'indiquer sur leurs factures et leurs devis : - l'assurance professionnelle qu'ils ont souscrite au titre de leur activité, - les coordonnées de l'assureur ou du garant, - la couverture géographique de leur contrat ou de leur garantie.
- L'assurance des personnes (c'est à dire vous, principalement) : accident du travail, prévoyance, retraite, assurance décès, perte d'emploi.
Que couvre la responsabilité civile professionnelle (RC pro) ?
Pour comprendre rapidement ce que couvre une RC pro, raisonnez par mini-scénarios (tiers concerné, déclencheur, exclusions fréquentes selon les contrats). Exemples :
- Dommage matériel. Vous cassez un écran chez un client lors d'une intervention : la garantie peut jouer si le dommage est causé dans le cadre de la mission et déclaré dans les délais. Sont souvent hors champ certains biens confiés ou des usages non déclarés.
- Dommage corporel. Un client glisse sur un câble que vous avez laissé au sol :la garantie peut intervenir si votre responsabilité est engagée. Certaines situations liées à des règles de sécurité non respectées peuvent être discutées ou exclues selon les clauses.
- Dommage immatériel. Une erreur entraîne une perte d'exploitation chez le client (exemple, un site e-commerce indisponible) : la couverture dépend souvent d'options, de plafonds spécifiques et de définitions précises.
- Erreur / omission / retard. Un livrable incomplet ou un retard entraîne des pénalités : la prise en charge dépend des clauses (responsabilité civile vs responsabilité contractuelle) et des exclusions relatives aux obligations de résultat.
Grille de choix (pour éviter de confondre les garanties et mieux calibrer votre assurance professionnelle en micro-entreprise)
Votre situation | Garantie à regarder en priorité | Pourquoi ? | Quand la prendre ? |
| Prestation intellectuelle (conseil, web, design, coaching, etc.) | Responsabilité civile professionnelle | Couvre des dommages causés à un tiers dans le cadre de la prestation | Avant la 1re mission |
| Interventions chez le client / accueil de public | Responsabilité civile d’exploitation | Couvre des dommages liés à la vie courante de l'activité | Dès que vous vous déplacez / recevez |
| Local, matériel, stock | Multirisque professionnelle | Protège vos biens (incendie, dégât des eaux, vol selon garanties) | Quand le risque devient significatif |
| Chantier / bâtiment | Décennale (si obligatoire) + RC pro adaptée | Obligation légale dans de nombreux cas + risques élevés | Avant tout chantier |
| Déplacements réguliers en véhicule | Assurance auto avec usage professionnel | Un contrat « trajet domicile-travail » peut être insuffisant | Avant les déplacements pro |
À ne pas confondre :
- Assurance professionnelle vs assurance habitation. L’assurance habitation couvre votre vie privée. Elle ne garantit pas forcément une activité professionnelle, même exercée à domicile.
- Véhicule : usage personnel vs usage professionnel. Selon l'usage déclaré, un sinistre survenu pendant une tournée clients peut ne pas être couvert comme vous l'imaginez.
- Responsabilité contractuelle vs responsabilité civile. Certaines pénalités, garanties de performance ou obligations de résultat peuvent relever de clauses contractuelles et être exclues ou plafonnées.
Qui contacter pour s'assurer lorsque l'on est micro-entrepreneur (auto-entrepreneur) ?
Rapprochez-vous de compagnies d'assurance (qui fournissent directement des prestations d'assurance) ou d'intermédiaires (agent général d'assurance, courtier, mandataire, etc.). Beaucoup d'entre eux dédient une offre aux micro-entrepreneurs.
Préparez une check-list
Afin de gagner du temps lors de la sollicitation d’un assureur, d’un courtier, etc., réunissez toutes les informations utiles, notamment :
- l’activité exacte exercée (intitulé + description précise des prestations) et les activités accessoires éventuelles ;
- le chiffre d'affaires estimé (12 mois) et le panier moyen ;
- les zones d'intervention (France, UE, monde) et lieux d'exécution (chez le client, à domicile, en ligne) ;
- le type de clients (particuliers, professionnels, collectivités) et secteurs sensibles ;
- le matériel utilisé (valeur, mobilité), le stockage éventuel, les données traitées ;
- l’existence de situations particulières : sous-traitance (oui/non), stagiaires, co-traitance ;
- l’utilisation ou non d’un véhicule (personnel/entreprise) et la fréquence de déplacements.
Effectuez quelques vérifications
Avant de signer, prenez le temps de procéder à certaines vérifications :
- le plafond d'indemnisation (par sinistre et/ou par année) ;
- la franchise (montant restant à votre charge) ;
- les exclusions principales (domaines non couverts, actes intentionnels, certains dommages immatériels, etc.) ;
- la couverture géographique et la définition de l'activité assurée ;
- la date de prise d’effet des garanties.
Connaissez-vous la micro-assurance ?
Il s'agit de contrats d'assurance proposés à tarifs réduits, adaptés aux besoins des très petites entreprises :
- qui se trouvent en phase de démarrage de leur activité ;
- qui n'ont pas besoin de se constituer un stock important ;
- qui sont suivies par un réseau d'aide à la création d'entreprise et qui bénéficient d'un financement.
L'entrepreneur choisit lui-même ses garanties : multirisque à domicile, multirisque professionnelle local, responsabilité civile professionnelle, prévoyance, complémentaire santé, responsabilité décennale des entrepreneurs du bâtiment.
Et si vous ne trouvez pas d'assureur ?
Cette situation peut se produire si vous vous lancez dans une activité nouvelle ou particulièrement risquée, ou si vous n'avez pas suffisamment d'expérience dans votre secteur d'activité. Dans un tel cas, rapprochez-vous de vos organismes professionnels, qui pourront très certainement vous orienter.
S'il s'agit d'une obligation légale d'assurance (assurance décennale par exemple), vous pouvez saisir le Bureau central de tarification. Cet organisme, mis en place par les pouvoirs publics, a pour rôle de permettre à un assuré, soumis par la loi à une obligation d'assurance et qui ne trouve pas d'assureur acceptant de le garantir, de répondre à son obligation.
Textes de référence
Foire aux questions
Commencez par vérifier si votre activité implique une assurance obligatoire (exemple : décennale dans le bâtiment, assurance liée au transport, professions réglementées). Ensuite, dans la plupart des cas, une responsabilité civile professionnelle (RC pro) constitue le socle pour démarrer, car elle couvre des dommages causés à un tiers dans le cadre de votre activité. Ajoutez une RC d'exploitation si vous vous déplacez souvent, si vous recevez du public ou si vous intervenez dans les locaux d'un client. Enfin, si vous avez du matériel, un local ou du stock, une multirisque professionnelle devient rapidement pertinente.
Les assurances indispensables sont celles qui sont obligatoires pour votre métier et celles qui évitent de mettre en péril votre activité en cas de sinistre majeur. Pour beaucoup d'activités non réglementées, le minimum consiste à pouvoir présenter une attestation de responsabilité civile professionnelle avant une première mission. Si vous utilisez un véhicule pour travailler, assurez-vous que le contrat auto couvre bien l'usage professionnel. Pour certaines activités, une prévoyance (arrêt de travail) peut aussi être déterminante, car votre revenu dépend directement de votre capacité à travailler.
Décrivez précisément vos prestations, vos lieux d'intervention et vos clients, puis choisissez des garanties qui couvrent vos risques réels (prestation, exploitation, biens, déplacements). Comparez ensuite les contrats sur des points vérifiables : plafonds d'indemnisation, franchises, exclusions, couverture géographique et définition de l'activité assurée. Demandez une attestation et contrôlez la date d'effet, surtout si un client exige une preuve avant de commencer. Enfin, ajustez au bout de quelques semaines avec vos premiers retours terrain (types de missions, montants en jeu, exigences contractuelles).
Avec un budget serré, privilégiez d'abord le socle : respecter les obligations légales et sécuriser votre responsabilité vis-à-vis des tiers. Une RC professionnelle bien calibrée (activité correctement déclarée, plafond cohérent, franchise supportable) est souvent le meilleur point de départ. Reportez les garanties dites de « confort » tant que vous n'avez ni local, ni stock, ni matériel coûteux, et évitez les options qui ne correspondent pas à vos prestations. Au moment de comparer, ne regardez pas seulement le prix : une exclusion majeure ou une franchise trop élevée peut annuler l'intérêt d'un contrat.
Le coût dépend fortement de l'activité, du chiffre d'affaires, des antécédents, de la zone d'intervention et des options (dommages immatériels, protection juridique, couverture des biens), ainsi que des plafonds et franchises choisis. Deux contrats au même prix peuvent offrir des niveaux de protection très différents à cause des exclusions et des limites de garantie. Pour estimer votre budget, demandez plusieurs devis sur une description identique de votre activité et comparez les mêmes paramètres (plafond, franchise, garanties incluses, date d'effet). Ajustez ensuite au fil de la montée en charge de l'activité plutôt que de tout souscrire dès le premier jour.