Comparaison entre l'entrepreneur individuel classique et le micro-entrepreneur

Dans ces tableaux comparatifs, la notion d'entrepreneur individuel "classique" fait référence à l'entrepreneur individuel soumis à un régime réel d'imposition, alors que celle de "micro-entrepreneur" fait référence à l'entrepreneur individuel soumis au régime fiscal de la micro-entreprise et au régime micro-social. 

Leurs caractéristiques principales

Entrepreneur individuel "classique"

Micro-entrepreneur


Ce régime s'adresse principalement aux personnes souhaitant exercer seules une activité nécessitant peu d'investissements et engendrant des risques limités, sans toutefois être limitées en termes de chiffre d'affaires (CA).

L'imposition et les cotisations sociales sont calculées sur la base du résultat réel (bénéfice ou perte) déterminé grâce à la tenue d'une comptabilité complète.  


Ce régime s'adresse principalement aux personnes souhaitant tester une activité ou l'exercer de façon accessoire, en complément d'une autre activité.
Les seuils de chiffres d'affaires (CA) à ne pas dépasser sont de :

 188 700 € (CA de l'année précédente ou de l'avan- dernière année) pour :
 - les activités de vente de marchandises ou de denrées à emporter ou à consommer sur place ;
 - les prestations d'hébergement (hôtels, chambres d'hôtes, meublés de tourisme).

 77 700 € (CA de l'année précédente ou de l'avant-dernière année) pour :
 - les autres prestataires de services ;
 - les professionnels libéraux. 

Le bénéfice est déterminé de manière forfaitaire par l'administration fiscale (sans prise en considération des charges réelles) et est ensuite imposé à l'impôt sur le revenu.
Les charges sociales, quant à elles, sont réglées au fur et à mesure des encaissements, et uniquement sur ces derniers (sauf à demander à régler des cotisations minimales).

A noter ! Le régime fiscal de la micro-entreprise s'applique de plein droit aux nouvelles entreprises individuelles, sauf option pour un autre régime.

Le même statut juridique

Entrepreneur individuel "classique"  

Micro-entrepreneur   

Il n’y a pas de différence au niveau de la forme juridique, dans les deux cas il s’agit d’une entreprise individuelle.

L'entreprise individuelle se caractérise par le fait que son dirigeant et elle ne forment qu'une seule et même personne. Cela entraîne plusieurs conséquences parmi lesquelles :
- des modalités de constitution et de fonctionnement plus simples que dans le cas d'une société (comme l'EURL ou la SASU) ;
- une responsabilité limitée, les patrimoines personnel et professionnel de l'entrepreneur sont automatiquement séparés.

A noter que quel que soit le régime,
- L'entrepreneur individuel peut renoncer à la limitation du gage des créanciers professionnels, sur demande écrite de l’un d’eux, pour un engagement spécifique. Il peut ainsi engager en garantie d’une dette professionnelle un élément de son patrimoine personnel (sauf son habitation principale…).
- Il est toujours possible de protéger ses autres biens fonciers bâtis ou non bâtis, non affectés à l'activité (un terrain ou une résidence secondaire par exemple) en effectuant une déclaration d'insaisissabilité devant notaire.

 

Le micro-entrepreneur ne peut pas exercer certaines activités

Entrepreneur individuel "classique"  

 Micro-entrepreneur

Toutes les activités peuvent être exercées en entreprise individuelle classique (industrielles, commerciales, artisanales, libérales, agricoles)

Le micro-entrepreneur ne peut pas exercer certaines activités.
Celles qui ne sont pas compatibles avec le régime fiscal de la micro-entreprise : 
- activités relevant des bénéfices agricoles ;
- activités relevant de la TVA immobilière : marchands de biens, agents immobiliers, etc.
Celles qui ne sont pas compatibles avec le régime micro-social : 
- activités rattachées au régime social de la MSA ;
- activités libérales qui relèvent d'une caisse de retraite autre que la Cipav : professionnels du droit, de la santé, agents généraux d'assurances, experts-comptables, etc. ;
- activités artistiques rémunérées par des droits d'auteur, qui dépendent de la maison des artistes ou de l'Agessa.


A noter : ces dernières peuvent toutefois être exercées sous le régime fiscal de la micro-entreprise, mais sont alors soumises obligatoirement au régime social de droit commun. 
En savoir plus sur les activités concernées ou exclues du régime

 

La même qualification professionnelle est nécessaire

Entrepreneur individuel "classique"  

Micro-entrepreneur

Quel que soit le régime choisi, si une qualification professionnelle est obligatoire pour exercer l'activité, il est nécessaire d'en justifier.
 

Une procédure de déclaration d'activité similaire

Entrepreneur individuel "classique"  

Micro-entrepreneur

L'entrepreneur doit s'immatriculer au Registre national des entreprises (RNE)

Quelle que soit son activité, l'entrepreneur individuel reçoit ensuite un numéro de Siren de l'Insee et obtient alors le statut d'entrepreneur.

Comment s'immatriculer ?

 La demande se fait sur le site du Guichet unique.

Coût de la formalité d'immatriculation

L'immatriculation est payante et le coût varie en fonction de l'activité exercée (artisanale, commerciale, libérale ou agent commercial).L'immatriculation est gratuite (sauf immatriculation au RSAC pour les agents commerciaux).

 
Des frais d'assistance à formalités peuvent être demandés.

 

2 modes différents de détermination du bénéfice imposable

Entrepreneur individuel "classique"  

Micro-entrepreneur

Quel régime d'imposition des revenus ?

Les bénéfices de l'entreprise sont soumis à l'impôt sur le revenu des personnes physiques (IR).
A noter : aucune distinction n'est faite entre le bénéfice de l'entreprise et la rémunération du chef d'entreprise.

La nature de l'activité permet de déterminer la catégorie des revenus :
- activité commerciale, industrielle ou artisanale : bénéfices industriels et commerciaux (BIC)
- professionnel libéral et agent commercial : bénéfices non commerciaux (BNC)

Pour mémoire : le revenu global d'un foyer fiscal peut être constitué de différentes catégories de revenus : traitements et salaires, revenus fonciers, plus-values, BIC, BNC, bénéfices agricoles, etc.

Quel régime fiscal ?

Un régime réel d'imposition

Le régime de la micro-entreprise

 Comment est calculé le bénéfice imposable de l'entreprise ?

Le résultat (bénéfice ou perte) est déterminé en fonction des charges réellement réglées (ou engagées) par l'entreprise. 

A noter : pour déterminer le résultat réellement réalisé par l'entreprise, il est nécessaire de tenir une comptabilité complète et donc de respecter un certain nombre d'obligations comptables et déclaratives.

Option possible pour l'impôt sur les sociétés (IS).
 

Le bénéfice imposable est calculé de façon forfaitaire sur la base du chiffre d'affaires.
Pour calculer ce bénéfice forfaitaire, l'administration applique un abattement représentatif de l'ensemble des charges de :
 71 % du CA pour les activités :
 - d'achat de biens destinés à être revendus en l'état ;
 - de fabrication (pour les revendre) de produits à partir de matières premières (farine, métaux, bois, céramique, etc.) ;
 - de vente de denrées à consommer sur place ;
 - de fourniture de prestations d'hébergement ;
 50 % du CA pour les autres activités relevant des BIC ; 
 34 % du CA pour les activités libérales.

Comment est calculé l'impôt sur le revenu ?

Le résultat est intégré dans la déclaration d'ensemble de revenus, avec les autres revenus du foyer fiscal.

Pour calculer le montant de l'IR, ce revenu global du foyer est ensuite soumis au barème progressif par tranches de l'impôt sur le revenu.

Si le résultat est déficitaire, l'assiette d'imposition personnelle peut ainsi être réduite.

 

En cas d’option à l’IS :

Le résultat imposable est soumis au taux réduit de l’IS de 15 % sur les 42 500 premiers euros de résultat puis de 25 % au-delà.

Le bénéfice forfaitaire est intégré dans la déclaration d'ensemble de revenus, avec les autres revenus du foyer fiscal.

Pour calculer le montant de l'IR, ce revenu global du foyer est ensuite soumis au barème progressif par tranches de l'impôt sur le revenu.

Il est possible d'opter pour un calcul simplifié de l'impôt sur le revenu, sur la base du chiffre d'affaires : le versement fiscal libératoire (VFL)
Dans ce cas, le montant de l'impôt sur le revenu est calculé, en appliquant au CA un pourcentage de :
 1 % pour les activités :
  - d'achat de biens destinés à être revendus en l'état ;
  - de fabrication (pour les revendre) de produits à partir de matières premières (farine, métaux, bois, céramique...) ;
  - de vente de denrées à consommer sur place,
  - de fourniture de prestations d'hébergement (hôtel, chambres d'hôtes ou meublés de tourisme).
 1,7 % pour les autres activités relevant des BIC ;
 2,2 % pour les activités libérales. 

 L'entreprise est-elle redevable de la TVA ?

Oui. Néanmoins, si le CA se situe en dessous des seuils indiqués ci-contre, il est possible de bénéficier de la franchise en base de TVA.La micro-entreprise bénéficie de la franchise en base de TVA. Mais dans certains cas, elle sera soumise à la TVA.
Oui : au 1er janvier, lorsque le CA des deux années précédentes se situe entre 36 800 € et 39 100 € ou entre 91 900 € et 101 000 €. Ou dès le 1er jour du mois lorsque le CA de l'année dépasse 39 100 € ou 101 000 € .
Non, si le CA de l'année précédente est inférieur à 36 800 € ou 91 900 €
Non, si le CA de l'année précédente est supérieur à 36 800 € ou 91 900 € et que celui de l'avant dernière année est inférieur à ces limites.

La cotisation foncière des entreprises est-elle due ?

Oui, mais elle n'est due qu'à partir de l'année suivant celle de la création de l'entreprise.

En cas d'implantation dans une zone prioritaire en matière d'aménagement du territoire, une exonération temporaire peut, le cas échéant, être accordée.
Il existe également une exonération de la CFE pour les entreprises qui réalisent un CA annuel inférieur à 5 000 euros.
En savoir plus sur cette taxe

 

Le même régime social mais un autre mode de calcul des cotisations

 Entrepreneur individuel "classique"  

 Micro-entrepreneur

Quel régime social ?

  Travailleur non salarié (TNS), affilié à la Caisse primaire d'assurance maladie

Quelle couverture sociale ?

. Les taux de remboursement des dépenses de soins sont identiques à ceux du régime général des salariés ;
. Le versement d'indemnités journalières est soumis à conditions de revenus ;
. Pas d'assurance accident du travail ;
. En matière de prestations familiales versées par les Caisses d'allocations familiales (Caf), les TNS bénéficient des mêmes droits que les salariés,
. Un régime de retraite complémentaire est obligatoire ;
. Pas d'assurance chômage ;
. Le régime de retraite des TNS est aligné sur celui des salariés. 
Quel que soit le montant du revenu, 3 trimestres de retraite sont automatiquement validés par année civile d'activité.Un chiffre d'affaire minimum doit être réalisé pour valider un trimestre de retraite.
En cas d'option pour le paiement de cotisations minimales, 3 trimestres de retraite sont automatiquement validés par année d'activité civile d'activité.

 Quel est le montant des cotisations sociales ?

Elles représentent environ 45 % du revenu imposable

En l'absence de revenus ou de revenus de faible importance, des cotisations minimales sont dues.


 Pour en savoir plus sur le montant des cotisations sociales
 

Elles sont calculées en proportion du chiffre d'affaires encaissé

Un taux de cotisation est appliqué au CA :
12,30 % pour les activités de vente de marchandises, de denrées à emporter ou à consommer sur place ou de fourniture de logement ;
21,20 % pour les prestations de services commerciales et artisanales (BIC) ;
21,10 % pour les activités libérales et prestation de services (BNC) relevant du régime général.
Si aucun chiffre d'affaires n'est réalisé, aucune cotisation sociale n'est due.
(sauf option pour le paiement de cotisations minimales)  
 En savoir plus sur le régime "micro-social"

Quand payer ses cotisations sociales ?

Elles sont réglées mensuellement, ou, sur option, trimestriellement.

A noter : les 2 premières années, elles sont calculées sur une base forfaitaire. 
Les années suivantes, elles sont calculées et payées de façon provisionnelle, puis régularisées, une fois le revenu professionnel de l'année précédente connu.

En savoir plus sur le paiement des cotisations sociales

Chaque mois, ou, sur option, chaque trimestre, le chiffre d'affaires est déclaré et les cotisations réglées.
La déclaration et le paiement s'effectuent :
- le dernier jour de chaque mois qui suit en cas de paiement mensuel ;
- les 30 avril, 31 juillet, 31 octobre et 31 janvier en cas d'option pour l'échéance trimestrielle.

 

Les principaux avantages de chaque statut

Entrepreneur individuel "classique"  

Micro-entrepreneur

 Prise en compte des frais réellement payés (ou engagés, selon les cas) pour la détermination des bénéfices imposables.

 Récupération de la TVA payée sur les achats de biens et de services.

 En cas de déficits, ceux-ci  figurent dans la déclaration d'ensemble de revenus et peuvent donc réduire l'assiette d'imposition personnelle.

 Calcul des cotisations sociales sur la base du bénéfice réellement réalisé.

Option possible pour l'impôt pour les sociétés.

Comptabilité simplifiée : obligations comptables réduites à la tenue d'un livre de recettes et d'un registre des achats. 

 Pas de TVA à facturer et donc pas de déclaration de TVA à faire en dessous d'un certain montant de CA.

 Possibilité d'opter pour le versement fiscal libératoire (sous conditions de revenus). 

 Modalités de calcul et de règlement des cotisations sociales simplifiées, sans avance de cotisations à faire en l'absence de chiffre d'affaires : ceci permet de prévoir facilement les prélèvements et facilite ainsi la gestion de l'entreprise.

 Possibilité d'opter pour le paiement de cotisations minimales afin de s'assurer une meilleure protection sociale.

 

Les principaux inconvénients de chaque statut

Entrepreneur individuel "classique"  

Micro-entrepreneur

 Obligation de tenir une comptabilité complète (bilan, compte de résultat).

 Système de calcul et de paiement des cotisations sociales en 2 temps :
- versement de cotisations provisionnelles,
- puis régularisation dès connaissance du revenu de l'année précédente.
 Non prise en compte des frais et achats réellement payés pour la réalisation du chiffre d'affaires (stocks, primes d'assurances, frais de déplacement, etc.).

 Impossibilité de récupérer la TVA payée sur les stocks et les achats divers en dessous d'un certain montant de CA.

 Pas de possibilité de déficit fiscal : en cas de résultat déficitaire (plus de charges réelles que de chiffre d'affaires réalisé), le bénéfice forfaitairement calculé est imposable.

 Les charges sociales sont calculées sur la base du chiffre d'affaires et non des bénéfices de l'entreprise.

 

Peut-on passer de l'un à l'autre ?

Entrepreneur individuel "classique"  

Micro-entrepreneur

Oui, si le CA annuel se situe en dessous des seuils mentionnés plus haut, il est alors possible de se placer sous le régime fiscal de la micro-entreprise. Le régime micro-social est alors applicable.Oui, il est en effet possible d'opter pour le régime réel d'imposition (réel simplifié ou normal pour les artisans et les commerçants, déclaration contrôlée pour les professions libérales). Dans ce cas, le régime social de droit commun des TNS est obligatoirement applicable (régime de l'entrepreneur individuel "classique").  

Pour en savoir plus sur l'entrepreneur individuel classique et le micro-entrepreneur (auto-entrepreneur).

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