Comparaison entre l'entrepreneur individuel classique et le micro-entrepreneur

  • Temps de lecture: min

Dans ces tableaux comparatifs, la notion d'entrepreneur individuel "classique" fait référence à l'entrepreneur individuel soumis à un régime réel d'imposition, alors que celle de "micro-entrepreneur" fait référence à l'entrepreneur individuel soumis au régime fiscal de la micro-entreprise et au régime micro-social.

En résumé

  • L’entrepreneur individuel “classique” et le micro-entrepreneur ont la même forme juridique (entreprise individuelle). La différence se situe uniquement dans leur régime fiscal et social.
  • Le micro-entrepreneur bénéficie d’un régime simplifié qui s’applique jusqu’à un certain plafond de chiffre d’affaires.
  • L’entrepreneur individuel est imposé à l’impôt sur le revenu sur son bénéfice réel, déterminé en faisant la différence entre son chiffre d’affaires et ses charges.
  • Le micro-entrepreneur est imposé à l’impôt sur le revenu sur un bénéfice forfaitaire, déterminé en appliquant un abattement sur le chiffre d’affaires. Les charges réellement supportées ne peuvent pas être déduites.

Leurs caractéristiques principales

Entrepreneur individuel "classique"

Micro-entrepreneur


Ce régime s'adresse principalement aux personnes souhaitant exercer seules une activité nécessitant peu d'investissements et engendrant des risques limités, sans toutefois être limitées en termes de chiffre d'affaires (CA).

Ce régime s'adresse principalement aux personnes souhaitant tester une activité ou l'exercer de façon accessoire, en complément d'une autre activité.
Il est réservé aux entrepreneurs ne dépassant pas certains seuils de chiffres d'affaires (CA)
Le bénéfice est déterminé de manière forfaitaire par l'administration fiscale à partir du chiffre d'affaires ou des recettes HT (sans prise en considération des charges réelles) et est ensuite imposé à l'impôt sur le revenu.
Les charges sociales, quant à elles, sont réglées au fur et à mesure des encaissements, et uniquement sur ces derniers (sauf à demander à régler des cotisations minimales).

A noter ! Le régime fiscal de la micro-entreprise s'applique de plein droit aux nouvelles entreprises individuelles, sauf option pour un autre régime.
  

Le même statut juridique

Entrepreneur individuel "classique"  

Micro-entrepreneur   

Il n’y a pas de différence au niveau de la forme juridique, dans les deux cas il s’agit d’une entreprise individuelle.

L'entreprise individuelle se caractérise par le fait que le dirigeant et la structure ne forment qu'une seule et même personne. Cela entraîne plusieurs conséquences parmi lesquelles :
- des modalités de constitution et de fonctionnement plus simples que dans le cas d'une société (comme l'EURL ou la SASU) ;
- les patrimoines personnel et professionnel de l'entrepreneur sont automatiquement séparés, ce qui limite la responsabilité.

A noter que quel que soit le régime :
- L'entrepreneur individuel peut renoncer à cette séparation de patrimoine, sur demande écrite de l’un de ses créanciers professionnels, pour un engagement spécifique. Il peut ainsi utiliser un élément de son patrimoine personnel pour garantir une dette professionnelle.
- Il est toujours possible de protéger ses biens fonciers bâtis ou non bâtis non affectés à l'activité (un terrain ou une résidence secondaire par exemple) en effectuant une déclaration d'insaisissabilité devant notaire.

 

Le micro-entrepreneur ne peut pas exercer certaines activités

Entrepreneur individuel "classique"  

 Micro-entrepreneur

Toutes les activités peuvent être exercées en entreprise individuelle classique (industrielles, commerciales, artisanales, libérales, agricoles)Le micro-entrepreneur ne peut pas exercer certaines activités.

En savoir plus sur les activités concernées ou exclues du régime

 

La même qualification professionnelle est nécessaire

Entrepreneur individuel "classique"  

Micro-entrepreneur

Quel que soit le régime choisi, si une qualification professionnelle est obligatoire pour exercer l'activité, il est nécessaire d'en justifier.
 

Une procédure de déclaration d'activité similaire

Entrepreneur individuel "classique"  

Micro-entrepreneur

L'entrepreneur doit s'immatriculer au Registre national des entreprises (RNE). En fonction de la nature de son activité, il sera aussi immatriculé au RCS, au RSAC, etc.

Quelle que soit son activité, l'entrepreneur individuel reçoit ensuite un numéro de Siren de l'Insee et obtient alors le statut d'entrepreneur.

Comment s'immatriculer ?

 La demande se fait sur le site du Guichet unique.

Coût de la formalité d'immatriculation

L'immatriculation est payante en principe et le coût varie en fonction de l'activité exercée.L'immatriculation est gratuite (sauf immatriculation au RSAC pour les agents commerciaux).

 
Des frais d'assistance à formalités peuvent être demandés.

 

2 modes différents de détermination du bénéfice imposable

Entrepreneur individuel "classique"  

Micro-entrepreneur

Quel régime d'imposition des revenus ?

Par principe, les bénéfices de l'entreprise sont soumis à l'impôt sur le revenu des personnes physiques (IR).

La nature de l'activité permet de déterminer la catégorie des revenus :
- activité commerciale, industrielle ou artisanale : bénéfices industriels et commerciaux (BIC)
- professionnel libéral : bénéfices non commerciaux (BNC)

Pour mémoire : le revenu global d'un foyer fiscal peut être constitué de différentes catégories de revenus : traitements et salaires, revenus fonciers, plus-values, BIC, BNC, bénéfices agricoles, etc.

Quel régime fiscal ?

Le régime réel d'imposition (BIC) normal ou simplifié,

ou le régime de la déclaration contrôlée (BNC)

Le régime de la micro-entreprise

 Comment est calculé le bénéfice imposable de l'entreprise ?

Le résultat (bénéfice ou perte) est déterminé en fonction des charges réellement réglées (ou engagées) par l'entreprise. 

A noter : pour déterminer le résultat réellement réalisé par l'entreprise, il est nécessaire de tenir une comptabilité complète et donc de respecter un certain nombre d'obligations comptables et déclaratives.

Option possible pour l'impôt sur les sociétés (IS).
 

Le bénéfice imposable est calculé de façon forfaitaire sur la base du chiffre d'affaires ou des recettes HT.
Pour calculer ce bénéfice forfaitaire, l'administration applique un abattement représentatif de l'ensemble des charges de :


71 % du CA s'il s'agit d'entreprises dont le commerce principal est de vendre des marchandises, objets, fournitures et denrées à emporter ou à consommer sur place ou de fournir le logement, à l'exclusion de la location directe ou indirecte de locaux d'habitation meublés ou destinés à être loués meublés ;

50 % du CA pour les autres activités relevant des BIC ;

34 % du CA pour les activités de prestations de services BNC et les activités libérales ; 

30 % du CA pour les activités de location de meublés de tourisme autres que les locaux classés et les chambres d’hôtes.

Comment est calculé l'impôt sur le revenu ?

Le résultat est intégré dans la déclaration d'ensemble des revenus, avec les autres revenus du foyer fiscal.

Pour calculer le montant de l'IR, ce revenu global du foyer est ensuite soumis au barème progressif par tranches de l'impôt sur le revenu.

Si le résultat est déficitaire, l'assiette d'imposition personnelle peut ainsi être réduite.

 

En cas d’option à l’IS :
Le résultat imposable est soumis, sous conditions, au taux réduit de l’IS de 15 % sur les 42 500 premiers euros de résultat, puis au taux de 25 % au-delà.
 

Le bénéfice forfaitaire est intégré dans la déclaration d'ensemble de revenus, avec les autres revenus du foyer fiscal.

Pour calculer le montant de l'IR, ce revenu global du foyer est ensuite soumis au barème progressif par tranches de l'impôt sur le revenu.

Toutes conditions remplies, il est possible d'opter pour un calcul simplifié de l'impôt sur le revenu : le versement forfaitaire libératoire.

Dans ce cas, le montant de l'impôt sur le revenu est calculé, en appliquant au CA un pourcentage de :

1 % d'achat/revente, de vente de denrées à consommer sur place (BIC).

1,7 % pour les autres activités relevant des BIC,

2,2 % pour les activités de services relevant des BNC. 

 L'entreprise est-elle redevable de la TVA ?

Oui. Néanmoins, si le CA se situe en dessous de certains seuils, l'entreprise peut bénéficier de la franchise en base de TVA qui la dispense de la facturation, de la déclaration et du paiement de la TVA sur les prestations ou ventes qu'elle réalise.

La cotisation foncière des entreprises (CFE) est-elle due ?

Oui, mais elle n'est due qu'à partir de l'année suivant celle de la création de l'entreprise.

En cas d'implantation dans une zone prioritaire en matière d'aménagement du territoire, une exonération temporaire peut, le cas échéant, être accordée.
Il existe également une exonération de la CFE pour les entreprises qui réalisent un CA annuel inférieur à 5 000 euros, ainsi que des exonérations spécifiques à certaines professions.
En savoir plus sur la CFE

 

Le même régime social mais un autre mode de calcul des cotisations

 Entrepreneur individuel "classique"  

 Micro-entrepreneur

Quel régime social ?

Travailleur non salarié (TNS)

Quelle couverture sociale ?

. Les taux de remboursement des dépenses de soins sont identiques à ceux du régime général des salariés ;
. Le versement d'indemnités journalières est soumis à des conditions de revenus et de durée d’affiliation ;
. Pas d'assurance accident du travail ;
. En matière de prestations familiales versées par les Caisses d'allocations familiales (Caf), les TNS bénéficient des mêmes droits que les salariés ;
. Un régime de retraite complémentaire est obligatoire ;
. Pas d'assurance chômage.
Concernant la retraite de base : quel que soit le montant du revenu, le paiement des cotisations minimales permet de valider 3 trimestres de retraite par année civile d'activité.Un chiffre d'affaires minimum doit être réalisé pour valider un trimestre de retraite.
En cas d'option pour le paiement de cotisations minimales, 3 trimestres de retraite sont automatiquement validés par année civile d'activité.

 Quel est le montant des cotisations sociales ?

Elles représentent environ 45 % du revenu imposable

En l'absence de revenus ou en cas de revenus de faible importance, des cotisations minimales sont dues.


 Pour en savoir plus sur le montant des cotisations sociales
 

Elles sont calculées en proportion du chiffre d'affaires encaissé.

Un taux global est appliqué au CA :
- 12,3 % pour les activités d'achat/revente de marchandises ; 
- 21,2 % pour les prestations de services commerciales et artisanales (BIC) ;
- 25,6 % pour les autres prestations de services (BNC) ;
- 23,2 % pour les professions libérales réglementées relevant de la Cipav (BIC ou BNC) ;
- 6 % pour les loueurs de meublés de tourisme classés.

Si aucun chiffre d'affaires n'est réalisé, aucune cotisation sociale n'est due (sauf option pour le paiement de cotisations minimales)

En savoir plus sur le régime "micro-social"

Quand payer ses cotisations sociales ?

Elles sont réglées mensuellement ou, sur option, trimestriellement.

A noter : les 2 premières années, elles sont calculées sur une base forfaitaire. 
Les années suivantes, elles sont calculées et payées de façon provisionnelle, puis régularisées, une fois le revenu professionnel de l'année précédente connu.

En savoir plus sur le paiement des cotisations sociales

Chaque mois ou, sur option, chaque trimestre, le chiffre d'affaires est déclaré et les cotisations réglées.
La déclaration et le paiement s'effectuent au plus tard :
- le dernier jour du mois qui suit la période à déclarer en cas de paiement mensuel ;
- les 30 avril, 31 juillet, 31 octobre et 31 janvier en cas d'option pour l'échéance trimestrielle.

Si l’activité est exercée via une plateforme numérique, cette dernière effectue le prélèvement à la source des cotisations sociales à partir du 1er janvier 2027. 

 

 

Les principaux avantages de chaque statut

Entrepreneur individuel "classique"  

Micro-entrepreneur

 Prise en compte des frais réellement payés (ou engagés, selon les cas) pour la détermination des bénéfices imposables.

 Récupération de la TVA payée sur les achats de biens et de services (sauf application de la franchise en base de TVA).

 En cas de déficits, ceux-ci  figurent dans la déclaration d'ensemble de revenus et peuvent donc venir réduire l'assiette d'imposition personnelle.

 Calcul des cotisations sociales sur la base du bénéfice réellement réalisé.

Option possible pour l'impôt sur les sociétés.

Comptabilité simplifiée : obligations comptables réduites à la tenue d'un livre de recettes et d'un registre des achats. 

 Si la franchise en base s'applique, pas de TVA à facturer et donc pas de déclaration de TVA à faire.

 Possibilité d'opter pour le versement forfaitaire libératoire de l'impôt sur le revenu (sous conditions de revenus). 

 Modalités de calcul et de règlement des cotisations sociales simplifiées, sans avance de cotisations à faire en l'absence de chiffre d'affaires : ceci permet de prévoir facilement les prélèvements et facilite ainsi la gestion de l'entreprise.

 

Les principaux inconvénients de chaque statut

Entrepreneur individuel "classique"  

Micro-entrepreneur

 Obligation de tenir une comptabilité complète (bilan, compte de résultat).

 Système de calcul et de paiement des cotisations sociales en 2 temps :
- versement de cotisations provisionnelles,
- puis régularisation dès connaissance du revenu de l'année précédente.
Non prise en compte des frais et achats réellement payés pour la réalisation du chiffre d'affaires (stocks, primes d'assurances, frais de déplacement, etc.).

 Pas de possibilité de déficit fiscal : en cas de résultat déficitaire (lorsqu'il existe plus de charges réelles que de chiffre d'affaires réalisé), le bénéfice imposable est forfaitairement calculé sur le CA.

 Les charges sociales sont calculées sur la base du chiffre d'affaires et non des bénéfices de l'entreprise.

 

Peut-on passer de l'un à l'autre ?

Entrepreneur individuel "classique"  

Micro-entrepreneur

Oui, si le CA annuel se situe en dessous des seuils requis, il est alors possible de se placer sous le régime fiscal de la micro-entreprise. Le régime micro-social est alors applicable.

Oui, il est en effet possible d'opter pour le régime réel d'imposition (réel simplifié ou réel normal pour les artisans et les commerçants, déclaration contrôlée pour les professions libérales) quel que soit le montant du CA.

 Dans ce cas, le régime social de droit commun des TNS est obligatoirement applicable (régime de l'entrepreneur individuel "classique").  

Pour en savoir plus sur l'entrepreneur individuel classique et le micro-entrepreneur (auto-entrepreneur).

Textes de référence

Créer Mon Pass Créa

La boîte à outils qui vous aide à construire votre projet de création ou de reprise d'entreprise de A à Z